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N° 36 Automne 2026

La solitude des enseignants

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#REPORTAGE

Le système

L’héritage patriarcal

L’hôpital Saint-Luc à Bouge n’est pas une île. Les constats épinglés et les chiffres rassemblés n’étonnent pas. Pour peu, on ne s’en offusquerait même pas : on revient de loin. Pourtant, les femmes ne sont pas biologiquement ou génétiquement programmées pour la vaisselle et les hommes pour les travaux manuels, les femmes pour s’émouvoir et les hommes pour agir. Voyons-y plutôt une construction sociale et historique subjective1.

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Journaliste
MÉLANIE DE GROOTE
À chaque époque sa couche de justifications pour déclasser les femmes de tout ce qui les éloignerait de la procréation et des charges domestiques. Remontons le temps qui nous amène aux paradigmes de la médecine moderne : les hommes disent que les femmes sont inaptes, les hommes font les sciences, les sciences rendent les femmes inaptes, les femmes sont inaptes2. Les premières facultés de médecine apparaissent entre les XII et XIIIe siècles en Europe occidentale. Elles réservent le savoir médical légitime à des institutions exclusivement masculines. Les femmes, qui véhiculaient pourtant de nombreuses connaissances médicales, sont reléguées à la marge dès lors que les autorités cléricales et féodales partent en guerre contre les savoirs populaires jugés obscurs et subversifs. Aux connaissances empiriques millénaires, les jeunes facultés préfèrent les vieux dogmes antiques, en particulier la théorie des « tempéraments ». Les femmes seraient par nature plus fragiles, plus vulnérables, moins apte à la raison. Le corps masculin devient la référence implicite de la bonne santé. Celui des femmes passe sous observation, sous domination et sous contrôle. Plus d...

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