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N° 36 Automne 2026

La solitude des enseignants

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#RÉCIT

« Pourquoi j’ai eu le droit de m’orienter et mon petit frère, lui, ne pourra pas ? »

Lalie, Kelly, Lucie, Louise, Louna et Éléonore sont élèves dans les trois écoles de Beauraing, commune rurale au sud de la province de Namur. Depuis les filières professionnelles ou les classes générales, chacune d’un côté ou de l’autre du tronc commun, elles racontent comment elles vivent les réformes de l’enseignement. Pourquoi elles ont manifesté. Et pourquoi, si souvent, leur parcours et leur quotidien à l’école ressemble à un chemin de croix.

N° 36 Automne 2026
Journaliste
CLAIRE NININ
Photographe
JOHANNA DE TESSIÈRES
À Beauraing, cité mariale de 9 474 âmes au sud de la province de Namur, trois mille élèves sont scolarisés dans les trois établissements du petit centre urbain et dans les écoles de village. L’année dernière, les grèves les ont fait se rencontrer. Élèves et profs ont manifesté ensemble, oubliant la compétition du quasi-marché scolaire et les hiérarchies du passé. L’institut Notre-Dame du Sacré-Cœur (INDSC), l’institut Notre-Dame de Beauraing (INDBG) et l’athénée royal, bien que très similaires sur papier — ils recrutent dans le même bassin, proposent différentes filières d’enseignement et organisent les derniers jours du degré différencié1 — révèlent des indices socio-économiques très différents2. L’INDSC obtient 14 sur 20, l’INDBG 10 et l’athénée 5. J’ai voulu interroger les premiers concernés par les réformes actuelles : des élèves des filières professionnelles, des élèves ruraux,...

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