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#CHRONIQUE

Le coup du sombre héros

Glen Hansard est mort cet été et ça a bien amoché le moral de toute l’Irlande, parce que ses chansons et ses combats pour une justice sociale en avaient fait un demi-dieu national. Les premières et les seconds plaisaient bien aussi à Philippe Marczewski. L’écrivain cherche toujours dans le monde musical belge qui, à l’annonce de son décès, provoquerait un tel choc collectif. Même s’il faut toujours se méfier quand on adore une icône.

N° 36 Automne 2026
Par
PHILIPPE MARCZEWSKI
Le 29 juillet vers quatre heures du matin, au beau milieu de l’été, sur la Lower Road qui traverse le quartier de Strawberry Beds, à Dublin, probablement à cause d’une branche qu’il n’a pas pu éviter, un homme a perdu le contrôle de sa moto et la vie. Glen Hansard avait 56 ans à peine. Il était musicien, songwriter, dans des styles qui allaient du folk traditionnel au folk-rock, et de la pop au rock indé. En Irlande, il avait un statut de demi-dieu, considéré comme une sorte de barde national qui faisait l’unanimité. En dehors de l’île d’Émeraude et des communautés irlandaises éparpillées à travers le monde, son nom n’était pas des plus connus. Moi, il m’est resté dans l’oreille depuis 1991, l’année de la sortie du film The Commitments, d’Alan Parker, qui racontait l’histoire d’une bande de prolos qui décident de monter un groupe de soul dans un quartier populaire de Dublin. Il y tenait le rôle du guitariste. Glen Hansard avait quitté l’école très jeune et, pendant des années, joué et chanté dans les rues de Dublin — busking, comme on dit en anglais — par tous les temps, en toutes saisons. Il avait ensuite connu le succès, d’abord en Irlande...

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