Du 12 août au 24 septembre 1992, la cité des Hurlus s’est transformée en cité de la peur. Parce que quelqu’un y tirait, la nuit, sur celles et ceux que son chemin croisait. Quatre victimes, dont un mort, en un mois et demi. De quoi installer une véritable psychose. Avant que surgisse la stupeur : le « tueur fou de Mouscron » était un gars de la ville.
Un gars de dix-sept ans. Trente-quatre ans plus tard, beaucoup préfèrent ne pas rouvrir ce sinistre chapitre.
La rue du Levant est assez courte, étroite et pentue, en sens unique en descendant de la chaussée du Risquons-Tout. Elle est bordée d’un côté par des garages et de l’autre par des maisons serrées les unes contre les autres, toutes petites sauf une, au milieu, protégée par un portail métallique, entourée d’un joli jardin et comme placée là par erreur, parce que c’est la seule villa parmi des maisons qui ont dû être toutes ouvrières. À côté, un long bâtiment rappelle l’histoire industrielle de la ville avec, encore collé au-dessus de l’entrée, un panneau Volksverheffing, le nom de ces