Lorsqu’en trois petits mots, « we zullen zien », le nouveau ministre-président bruxellois a trahi d’embarrassantes lacunes en néerlandais, Boris Dilliès (MR) a-t-il réveillé le scénario d’une capitale purement francophone ? Ou ce moment est-il l’occasion d’affirmer son avenir fondamentalement multilingue ? We shall see.
Vendredi 13 février 2026. Soulagement général. Vingt mois après les élections de juin 2024, la Région de Bruxelles-Capitale s’est enfin dotée d’un gouvernement. Le lendemain, le nom du nouveau ministre-président est connu : Boris Dilliès, jusqu’alors bourgmestre d’Uccle, la plus vaste des dix-neuf communes après Bruxelles-Ville. Mais le choc ne s’est pas fait attendre. Interrogé par la presse néerlandophone, Dilliès n’arrive à prononcer que des réponses courtes et hésitantes, se terminant pour la plupart par un We zullen zien qui a depuis fait l’objet de nombreuses plaisanteries, y compris de sa part. Il est facile de lui trouver des circonstances atténuantes.