Un dimanche d’été 1950, dans la banlieue de Liège, les gendarmes tuent. En exécution d’un ordre reçu : disperser plusieurs centaines de personnes rassemblées sur une place. Que faisaient-elles de si dangereux ? Rien, si ce n’est écouter un député socialiste qui parle au balcon d’un café. Mais les temps sont orageux, la question royale met le pays sur les nerfs. À Grâce-Berleur, les coups de feu de la maréchaussée font quatre morts. Pourquoi avoir tiré à balles réelles ? Qui est responsable ? Au nom de quelle cause Houbrechts, Vervaeren, Cerepana et Thomas sont-ils tombés ? Quel sens donner au drame ? Aujourd’hui encore, ces questions restent sujet de discorde.
Retour sur les lieux.
Pourquoi ont-ils tué Houbrechts, Vervaeren, Cerepana et Thomas ? Septante-cinq étés ont passé, mais la question n’a toujours pas trouvé de réponse admise de tous. Les antagonismes et les soupçons n’ont pas disparu, ils se sont simplement étiolés avec le temps. Il y eut un procès. Son verdict fut pour beaucoup comme une arête en travers de la gorge, jamais avalée. Des interprétations inconciliables perdurent. Sur les faits eux-mêmes, des versions contradictoires coexistent. Qui sait ? Certains, peut-être, espéraient que l’affaire s’efface d’elle-même des mémoires. Cesser d’entretenir les anciennes blessures. La place du Pérou est en travaux et les pelleteuses font un