Il fallait qu’il la poursuive jusque dans la capitale de l’Empire perse, ce compatriote grincheux, agressif, sûr de ses droits. Quand Gaea Schoeters parle des Flamands, ce « drôle de peuple » qui est le sien, on goûte à la noirceur de son œuvre « teintée de réalisme magique ». L’autrice du « Trophée », le seul de ses livres traduits en français, décrit à « Wilfried » une société de droite qui enfante des écrivains de gauche, pas franchement à leur aise quand il s’agit de mettre en avant leur identité culturelle. Ni de vendre des livres en dehors de leurs frontières.
Avant même que le gouvernement des Belges soit dirigé par un séparatiste, Wilfried a entamé une série de longues conversations avec des auteurs flamands issus du journalisme ou de la littérature. En leur compagnie, nous voulons penser la Belgique, son histoire, son avenir incertain, les relations entre francophones et néerlandophones, l’acte d’écrire, le rôle des livres et des médias. Dans la réponse automatique de sa boîte mail, quelques lignes en néerlandais, doublées en anglais et allemand, déplorent sa sursollicitation. Point de français ; si Gaea Schoeters reçoit une missive francophone par an, c’est beaucoup. Lauréate 2025 du prix Ultima — en