« La puissance est l’angle mort de la gauche »

N°35 / Été 2026
Journaliste François Brabant

Ex-député fédéral, échevin à Verviers, philosophe et féru de relations internationales, Malik Ben Achour se réjouit du regain d’intérêt de la population pour la politique étrangère. Dans les mobilisations pour Gaza, il voit l’illustration d’un de ses credo: «La solidarité avec le proche passe par la solidarité avec le lointain.» Corollaire: la loi du plus fort ne s’impose pas si aisément, quoi qu’on dise. N’empêche, la gauche, pense-t-il, doit se ragaillardir en partant de quatre piliers: les datas et l’IA, l’énergie, les terres rares et la défense. Ce qui exige de nouvelles alliances. Et la production de bien davantage d’ingénieurs qu’aujourd’hui.

Tout a commencé par des pogos. À l’adolescence, Malik Ben Achour découvre la scène straight edge. Et avec le fanatisme propre aux jeunes gens de cet âge (on est parfois très sérieux quand on a dix-sept ans), il s’y engouffre tout entier. Sans compromis ni retenue. Musicalement, le mouvement descend du punk-rock, se rapproche du hardcore. Guitares énervées et enceintes saturées. Textes brefs, directs, engagés souvent, in your face. Bien plus tard, Malik racontera : « Le straight edge et moi, on était faits l’un pour l’autre. Il y avait là quelque chose qui me ressemblait et, en même temps, qui a

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Wilfried N°35 - L'été meutrier

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