Si, d’aventure, quelqu’un venait à croiser sa route, il ne le reconnaîtrait pas. Pourtant, son nom est tagué partout. Sur tous les abribus, murs et poteaux qui ont jalonné ses errances à travers l’Europe. Depuis plus de vingt ans, Thierry Jaspart persiste à faire de l’art comme il l’entend, à coups de performances absconses et de stickers laconiques.
Et ça ne fait pas que des heureux.
Un bus à l’impériale déboule à toute allure dans une artère londonienne surchauffée, frôlant de près un passant qui attendait que le feu passe au vert. Levant les yeux de son téléphone, son regard croise distraitement un autocollant un peu délavé apposé par-dessus une épaisse couche d’anciens collages. J’existe, proclame le sticker. Le feu passe au vert. La même scène se reproduit à Paris, Anvers, Cologne. « Une fois que vous les avez remarqués, vous les voyez partout, c’est fou ! » s’extasie un internaute sur Reddit. « C’est le même type qui fait des triangles bizarres, Thierry Jaspart », rétorque un autre. « J’ai vu