Jean Gol l’avait rebaptisée la « RTBS », la « radio-télévision belge socialiste ». Depuis le règne de l’ancien président des libéraux, les échanges de tirs avec le service public n’ont presque jamais cessé. L’avènement de Georges-Louis Bouchez à la tête du MR, puis son triomphe en juin 2024, ont accru les tensions. Les journalistes se trouvent exposés aux pressions d’une brutalité inédite que le dirigeant montois exerce ad hominem sur leur personne, surtout ceux de La Première qu’il accuse de propager « une vision du monde de gauche ». Mais les journalistes de Reyers sont-ils vraiment plus à gauche qu’ailleurs ? Et surtout, la stratégie de l’intimidation de « GLB » est-elle en train de payer ?
Un soir d’avril, en 2012. Georges-Louis Bouchez, alors jeune tête de liste aux élections communales de Mons, regarde le suivi de la campagne présidentielle française à la télévision. Et ça l’énerve. Sur Twitter, il poste ce message : « Les journalistes de la RTBF jubilent à l’idée que Sarko pourrait perdre. Navrant. » Un seul commentaire, zéro partage. Le jeune libéral montois vient alors de fêter ses 26 ans. Il est conseiller au cabinet du vice-Premier ministre Didier Reynders, mais n’exerce encore aucun mandat. Candidat à deux reprises, aux communales en 2006 et au Sénat en 2010, il n’a pas été élu. On lui