Pour des raisons très différentes, Rosalia, Bad Bunny et СОЮЗ (SOYUZ) transportent d’une même façon l’écrivain Philippe Marczewski jusque passée la porte du jardin d’Eden. Mais sans en faire soudain une grenouille de bénitier, que Dieu l’en garde ! Parce qu’on peut adorer la beauté, divine, de leur dernier album respectif sans pour autant se lover dans l’aube des marchands de foi — qui lui inspireraient plutôt une sainte colère.
Non, ces trois-là illuminent plutôt, chacun·e à leur manière, une époque particulièrement ténébreuse.
Où en étais-je resté ? Ah oui ! Je disais que l’album Lux, de Rosalía, est un très grand disque, et qu’il nous pose tout de même un problème, dès lors qu’il s’inscrit, quand bien même sans mauvaises intentions, dans un mouvement de retour du religieux comme réponse au chaos du monde. Parce que oui, c’est un grand disque. Difficile de ne pas être estomaqué par sa cohérence et l’ambition esthétique qui l’élève à quelques coudées au-dessus du sol. Rosalía l’a conçu comme une étude consacrée à des figures mystiques féminines, des saintes catholiques, des recluses. C’est une proclamation, une ode à