Longtemps, la consigne était entendue dans tous les partis politiques belges : surtout, ne pas parler du Sahara occidental ! Trop compliqué. Trop sensible. À travers ce dossier aux implications gigantesques, avec effets géopolitiques en cascade, d’innombrables tiroirs s’ouvrent : nos rapports avec le Maroc, mais aussi avec les États-Unis et Israël, l’enjeu de l’immigration, la lutte antiterroriste, la question de la diversité à Bruxelles, le rapport au droit international, le caractère intangible ou non des frontières, la place des droits humains dans la politique étrangère, la conception de la puissance militaire dans un monde incertain… Mais le temps du motus et bouche cousue est révolu.
Et voilà que le morceau d’Afrique désertique, peuplé d’un demi-million d’habitants, théâtre d’un vieux conflit aux relents de guerre froide, met toute la Belgique politique en ébullition.
Lundi 3 novembre 2025. Le bureau politique d’Ecolo se réunit au siège bruxellois du parti, dans une maison de maître située à deux pas de la place des Barricades, non loin du métro Botanique. Il y a là une poignée de parlementaires rescapés du naufrage électoral de l’année précédente, d’anciens cabinettards, des élus locaux, des cadres chevronnés… Tout appelle à une réunion de routine. Au dernier moment, un point a cependant été ajouté à l’ordre du jour : la situation au Sahara occidental et la position d’Ecolo sur le sujet. C’est là un conflit oublié, relégué depuis longtemps aux marges d’une