Dix ans après sa mort, Anne-Marie Lizin accorde un entretien exclusif à « Wilfried ». Elle y évoque son parcours et ses combats, son ascension et sa chute, ses coups de génie et de folie. Évidemment dans son style, qui a marqué quarante-cinq ans de la scène politique belge, de 1970 à 2015 : cash. Elle n’a pas été surnommée Madame Sans-Gêne pour rien.
On la retrouve un dimanche matin, chaussée d’Andenne, à Ben-Ahin, siège de toute une vie, du berceau au tombeau. Point de chute inaliénable de ses allers et venues où il prenait parfois à son père de [tenter de] la recadrer. Anne-Marie Lizin nous attend derrière une porte vitrée, en front de rue. Elle tapote trois doigts sur la vitre : « Faites le tour et entrez par la petite porte. » D’un coup, la façade grise sans intérêt révèle un temple multiculturel rempli des vestiges d’une vie, du sol au plafond, dans un fouillis pourtant ordonné. On s’infiltre par la cuisine, qui porte