Devant la performance du « singer-songwriter » anglais Benjamin Clementine, l’écrivain liégeois Philippe Marczewski a perçu l’incarnation, sous son torse vêtu de fourrure noire, de William Shakespeare. Où l’on comprend que le Barde et ses sombres personnages sont partout, y compris en politique, jusque dans les saillies coléreuses de Georges-Louis Bouchez sur les plateaux télé.
THE RAVEN CHIDES BLACKNESS* Les prestations scéniques de certains musiciens sont autre chose que de la musique. Ils arrachent l’auditoire à l’habitus des concerts, et l’emmènent autre part. Je ne parle pas de banalités du genre communion avec le public, ni transe ou révélation mystique, ni toute autre réaction monétisable au moyen d’un merchandising opportun. Non. Je parle d’une manière de faux-semblant, ou plutôt : de théâtre. Par exemple, un concert de Benjamin Clementine n’est pas seulement un concert. C’est-à-dire que le dispositif du concert est un trompe-l’œil : il s’y passe autre chose. Ce n’est pas une question de mise en