Saudade
Ce devait être une halte vers l’Eldorado, c’est devenu leur destination. Partis de Goiás et de Minas Gerais, ils habitent aujourd’hui Anderlecht et Saint-Gilles. Le soleil et les pão de queijo font place au ciel humide et aux poulycrocs. Les fermettes de maïs et les villes des hauts plateaux aux abords sinistrés de Bruxelles-Midi. Un quotidien laborieux à récurer des bureaux, à fixer des plaques de gyproc, à la merci des marchands de sommeil et des patrons magouilleurs. Les cinquante mille Brésiliens de Bruxelles forment une communauté immigrée peu connue, qui se retrouve à l’église pentecôtiste, sur les chantiers en intérieur et dans les bars de la Barrière. Où la « nostalgie teintée d’espoir » se noie dans trois traits de cachaça plutôt qu’un.
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Été 2025 N° 31
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