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35 Été 2026

L'été meurtrier

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#RÉCIT

Amélie et les Nothomb

Vieille famille de lettres issue de la noblesse, lignée politique et belgicaine entremêlée à l’histoire du pays, les Nothomb comptent dans leurs rangs trois ministres, un chef de gouvernement, cinq écrivains, un poète nationaliste, un aviateur communiste arrêté par la Gestapo, un prêtre-ouvrier, un pasteur en Afrique, un lieutenant para-commando, et enfin, arrière-petite-fille du patriarche Pierre Nothomb, la romancière Amélie. Celle qui a pris toute la lumière au château du Pont d’Oye. Celle qui, comme ses ancêtres, a fini par aimer un pays menacé de disparition.

14 Hiver 2020
Journaliste
QUENTIN JARDON
À un moment, on l’a crue morte. C’est ce qu’annonça, le 5 octobre dernier à 15 h 42, le site du quotidien De Standaard : « Amélie Nothomb est décédée. Elle avait 53 ans ». Les réseaux sociaux s’embrasèrent aussitôt ; Philippe Close, le bourgmestre de Bruxelles-Ville, regrettait déjà le départ d’une écrivaine « qui sondait nos âmes et nos relations humaines avec finesse et justesse ». Vingt minutes plus tard, la sphère Internet rétropédalait : fake news produite par un compte factice de l’éditeur néerlandais de la romancière. Plaisantin non identifié. Nothomb non morte, en pleine santé sous ses dehors légèrement gothiques. Soulagement planétaire. En aucun cas, l’intéressée n’aurait pu tomber par hasard sur le faire-part de son décès. Amélie Nothomb ne possède ni téléphone ni ordinateur. Ni machine à écrire ni télégraphe. Chez elle, il y a certes une multitude d’engins connectés au réseau mondial, mais ce sont les outils de son compagnon, ingénieur informaticien. La romancière se porte très bien sans cette lourde artillerie technologique, et peut-être même mieux que nous. Pour écrire suffisent un papier et...

Hiver 2020 N° 14

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