Hé, Belgique, tu nous dois plein de thunes !

N°33 / Hiver 2025
Graphiques Claire Allard
Un demi-siècle de déficit budgétaire

Il y a eu la guerre, le babyboom, la folle croissance, le plein emploi, les barils d’or noir et les toasters à sandwich-triangle. Puis deux chocs pétroliers, et le début des grands tracas. Depuis le milieu des années 1970, la Belgique est trop endettée. C’est en tout cas ce que martèle l’Europe, qui implore notre État d’assainir ses finances. Malgré les cures d’austérité à répétition, le thème revient sans cesse dans le débat public, justifie les attaques les plus violentes au monde du travail, des pensions, de la santé. Pourquoi n’y arrive-t-on pas ?

La dette est aussi vieille que l’État. Aussi ancestrale que l’administration centralisée. Les Sumériens empruntaient aux temples et aux élites pour financer les récoltes, Athènes aux sanctuaires pour renforcer sa défense, Rome aux publicains pour mener des campagnes, Louis IX aux Lombards pour partir en croisade. Par sept fois durant les Temps modernes, les rois d’Espagne ont mis leur administration en banqueroute pour se sortir du bourbier financier dans lequel ils étaient empêtrés. La dette belge est aussi vieille que la Belgique. La Belgique est née endettée. Parce qu’il a fallu mettre sur pied une armée, façonner une administration et

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Wilfried N°33 - L'exercice de l'État

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