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35 Été 2026

L'été meurtrier

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#PORTRAIT

Un demi-siècle de déficit budgétaire

Longtemps, il a été le visage belge du capitalisme. Bruno Colmant revisite aujourd’hui son parcours. À l’heure du doute, et dans un contexte de tempête sur les finances publiques, il s’interroge sur l’homme qu’il est devenu. Tardivement, mais sincèrement, l’économiste réinvente sa révolte — contre le monde de la finance qu’il a tant servi, et dont il cherche encore le sens. À ses yeux de repenti, la crise de la dette n’existe pas. 

33 Hiver 2025
Journaliste et photographe
ALEXIS VERCRUYSSE
De toute évidence, Bruno Colmant est un homme complexe. Son apparence chuchote le contraire : chemise uniforme, long manteau beige, qu’il n’enlèvera pas, et une écharpe nouée d’un simple tour de cou. Un look de banquier qui a gravi les échelons. Rien qui suggère que l’ancien chef de cabinet de Didier Reynders, à l’époque où le libéral liégeois était ministre des Finances, est aujourd’hui proche du Parti socialiste. Ou que cette même personne, qui fut dans une autre vie président de la Bourse de Bruxelles (Brussels Stock Exchange) et membre du comité de direction de celle de New York (New York Stock Exchange), se dise révolté depuis l’enfance, contre l’ordre bourgeois. « Travailler, confie-t-il, ça m’a toujours emmerdé. » Un comble, quand on est aussi l’ex-CEO de la banque d’affaires Degroof-Petercam et l’ex-directeur financier de la division

Hiver 2025 N° 33

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