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35 Été 2026

L'été meurtrier

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#ENTRETIEN

Youna Marette : « Maintenant, je connais mieux l’ennemi »

Elle n’a que 18 ans, mais donne l’impression d’une longue vie de militante. Après avoir mené les marches du jeudi pour le climat, rencontré le dalaï-lama à Dharamsala, bloqué l’Esplanade de Louvain-la-Neuve et traversé le confinement dans son jardin bruxellois, Youna Marette se pose. Réfléchit. Écrit dans un carnet. Et s’interroge sur la nécessité de la désobéissance pour bousculer un système défaillant, responsable tant du réchauffement climatique que des violences policières à l’encontre des minorités. À Minneapolis comme à Anderlecht.

12 Été 2020
Journaliste
NINA DAUTREBANDE
Journaliste
CYNTHIA NEUPREZ
Photographe
DEBBY TERMONIA
Au printemps 2019, au plus fort de la colère adolescente contre l’inaction climatique, Youna Marette battait le terrain avec le visage en partie dissimulé par un masque tissé blanc. Par ce geste, elle voulait protester contre la pollution de l’air. Le masque, exposait-elle, ça fait apocalypse, guerre, chaos. Des mots violents ? « Des mots qui réveillent », corrigeait-elle. Les scientifiques ne laissent plus que douze ans pour contrer les effets irréversibles du dérèglement climatique. « Ce n’est pas de la science-fiction. C’est là. C’est maintenant. » Le masque de Youna était de la même fibre que celui de Zorro, de la même trempe que le foulard des guérilleras kurdes et des manifestantes du parc Gezi, que le passe-montagne du sous-commandant Marcos, que le grimage de Joker, que le masque à gaz des black blocs, que la cagoule des Femen… Les traits occultés étaient ceux de l’insoumission. Youna Marette aura été en 2019 en première ligne d’un mouvement social inédit. Des jeunes de toute la Belgique ont entrepris de faire la grève scolaire et d’occuper les rues chaque jeudi. Avec un seul mot d’ordre : la justice climatique. Aux c...

Été 2020 N° 12

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