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35 Été 2026

L'été meurtrier

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Yves Leterme, « Bientôt, les francophones n’auront plus personne à qui parler »

Il restera pour toujours « l’homme aux huit cent mille voix », le plus gros score personnel depuis 1979. Et aussi l’homme qui a changé le cours de l’histoire en tendant une main à la N-VA quand le microparti nationaliste était à terre. Et encore l’homme qui chantait la Marseillaise à la place de la Brabançonne. Flamingant né sur la frontière franco-belge, Premier ministre du précédent gouvernement en affaires courantes, Yves Leterme est aujourd’hui retiré de la vie politique. Mais il l’observe de près. Et il voit beaucoup de choses qui périclitent, à commencer par l’État belge. Heureusement, le Standard de Liège, son club de foot adoré, échappe à ce mouvement décadent.

10 Hiver 2020
Journaliste
RAF LIEKENS
Traducteur
GUILLAUME DENEUFBOURG
Impossible de comprendre la Belgique de 2020 sans tenir compte du phénomène Yves Leterme. L’homme a d’abord été échevin d’Ypres, puis député fédéral. Lorsqu’il accède à la présidence du CD&V en 2003, le parti est en pleine fièvre confédéraliste. Deux ans plus tôt, lors d’un congrès à Courtrai qui a fait date, les chrétiens-démocrates ont abandonné l’ancien sigle CVP. Dans la nouvelle appellation, le V ne signifie plus volks (populaire) mais Vlaams (flamand). L’inflexion flamingante est manifeste et Yves Leterme entend bien accentuer le processus. C’est lui qui prend la décision, au début de l’année 2004, de former un cartel réunissant le CD&V et la N-VA. Personne ne le sait encore, mais cet épisode va bouleverser la trajectoire de la Belgique pour les années à venir, peut-être les décennies. La N-VA ne compte alors qu’un seul député à la Chambre. Aux élections de 2003, le parti a recueilli moins de 4 % des voix à Anvers, qui est pourtant la place forte du nationalisme flamand. Son jeune leader, Bart De Wever, n’a ...

Hiver 2020 N° 10

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