Le « père du plastique » était un fils de cordonnier gantois, destiné à raccommoder toute sa vie les vieilles godasses dans un atelier proche de la Kortrijksesteenweg. Quand il met au point la bakélite en 1907, l’ancêtre du plastique, Leo Baekeland pensait lancer sur le marché un produit durable et de qualité. L’invention, comme souvent chez les inventeurs, lui a échappé.Mais en Belgique, le plastique reste fantastique : le pays est à la pointe de la recherche sur cette matière polluante qu’on produit chaque année par centaines de millions de tonnes.
De tous les matins de sa vie, aucun ne devait paraître à Leo Baekeland aussi lumineux que celui du vendredi 21 juin 1907. Après quatre jours de labeur dans son laboratoire installé au fond du jardin, le scientifique de 34 ans écrit dans son journal : « 18-19-20-21 juin 1907 : j’ai trouvé des choses très intéressantes. » Et dans la marge, sur la longueur de ces quatre jours, il gribouille : « C’est le début de mon travail réussi sur la Bakélite. » La première matière plastique entièrement synthétique est inventée. Elle est l’œuvre de celui qui, trente ans plus tôt, obéissant à sa condition de