En septembre dernier, l’Afrique accueillait pour la première fois les championnats du monde de cyclisme. Pendant une semaine, les caméras du monde entier ont célébré les routes impeccables de Kigali et la renaissance d’un pays sorti de l’horreur du génocide contre les Tutsis. « La Brabançonne » a même résonné au cœur de la capitale rwandaise, portée par le sacre de Remco Evenepoel sur la course contre la montre. Dans un contexte de tensions diplomatiques ravivées entre le Rwanda et la Belgique, les drapeaux belges et flamands qui flottaient durant la compétition revêtaient un caractère symbolique. Mais derrière la vitrine étincelante se dessine une autre réalité : celle d’un régime qui ne tolère aucune critique. Entre liesse populaire et contrôle total, plongée dans un Rwanda à deux visages.
Kigali, dimanche 28 septembre 2025. C’est le dernier jour des championnats du monde de cyclisme, le climax d’un événement maintes fois décrit comme historique. C’est le moment de la cérémonie protocolaire, la remise des prix, celle où Tadej Pogačar, le meilleur coureur du monde, revêt le maillot arc-en-ciel. Ce jour-là, il fallait le voir pour comprendre, mais surtout pour ressentir, ressentir la puissance d’un seul homme. Lorsque le président de la République apparaît, la périphrase l’homme fort du Rwanda prend tout son sens. Paul Kagame arrive sur scène en costard. Il porte, comme à son habitude, des lunettes de soleil