Sophie Rohonyi (Défi) : « L’Europe a ouvert trop, trop vite »

N°18 / Printemps 2022
Journaliste Sophie Mignon
Photographe Karoly Effenberger

Les grands-parents avaient fui la Hongrie communiste de la fin des années 1940. Des artistes. En quête de liberté. De cet exode familial belge, Sophie Rohonyi a conservé un attrait certain pour la défense des droits humains. Pour le gratin de pommes de terre aux œufs, aussi, l’un des quelques mots qu’elle sait dans la langue de ses ancêtres. Depuis les bancs de la Chambre, la députée fédérale plaide pour une Europe plus autonome énergétiquement. Et plus sévère avec les Tchéquie, Hongrie ou Pologne qui « touchent des fonds européens tout en piétinant certaines de nos valeurs fondamentales ».

Dans un petit salon de velours vert, fauteuils cabriolets et fioritures dorées, Sophie Rohonyi raconte comment l’invasion russe en Ukraine fait étrangement écho à une partie de son histoire familiale. Elle raconte son ascendance hongroise, côté paternel, retrace à gros traits l’histoire secouée d’un pays qui fut l’allié de l’Allemagne nazie en 1940, et où neuf ans plus tard fut proclamé un régime communiste. En 1956, l’insurrection populaire y fut matée dans le sang par les chars soviétiques, entraînant l’exil de 200 000 Hongrois. Le propos se fait aussi léger, de temps en temps. « Je ne parle pas bien hongrois,

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